Littérature Générale

Danielle Michel-Chich, Je est une autre

« Tu aurais dû te douter que cette fouine allait mettre son nez partout. Pourquoi avoir joué aussi dangereusement avec le feu en reportant par deux fois ton rendez-vous avec lui ? Lorsque Charles Mattei t’avait annoncé que le Quotidien souhaitait publier un article sur toi, le fameux portrait de la page cinq, tu avais ressenti un malaise violent. Ce n’était pourtant pas ton genre de minauder avec la presse, bien au contraire. Tu consacrais tout ton temps, toute ton énergie, tous tes deniers aussi, à l’Association des victimes et des rescapés du 6 février, et tu n’en étais pas peu fière. La plupart du temps, c’était toi que les journalistes choisissaient, parmi d’autres membres de l’association, car ils te savaient bonne cliente : tu n’étais pas avare de ton temps pour raconter ton histoire, ta blessure, ton engagement au sein du groupe. Tu avais même un certain plaisir à te mettre en avant, à dire avec un brin de coquetterie combien cette activité t’aidait à surmonter ta propre souffrance. Et tu leur expliquais avec une grande sincérité qu’en partageant ainsi ton temps avec tous ceux qui avaient subi le même traumatisme, en mettant le peu de force qu’il te restait à leur service, tu trouvais le courage de te lever le matin ; cela te permettait de ne pas sombrer… »

Danielle Michel-Chich est née à Alger en 1951. Journaliste et essayiste engagée, elle publie plusieurs ouvrages, dont le récit autobiographique Lettre à Zohra D. (Flammarion, 2012). Grièvement blessée à l’âge de 5 ans lors d’un attentat pendant la guerre d’Algérie, Danielle Michel-Chich expose à la poseuse de bombe, à laquelle elle adresse une lettre, sa réaction forte à un attentat aveugle, mais sans haine ni rancœur.

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RÉCIT. Elle a écrit le roman d’une sacrée imposture

Je est une autre – Danielle Michel-Chich – Babelio

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Catherine Taurand, l’Alphabet des Choses suivi de Rue Saint-Sauveur

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26 objets, 26 histoires, 26 personnages mêlés : le Q. compagnon du fanatique de faits divers, l’A. qui supporte le contact de ces deux peaux, celle qui ment et celle qui ignore encore, le P. seul réconfort de l’infidèle éconduit, le N. du suicidé du cinquième enfin libéré de son corps, l’I. source de rêve mais d’illusion pour celle qui s’est encore trompée de prince charmant, le C. témoin de l’aliénation ou de l’amour inconditionnel, serait-ce la même chose, le K. gorgé de la vie dont la musicienne se remplit pour ne pas être vide comme sa sœur, anorexique blessée collée au R., la H. du clochard terriblement vivant dans ce corps qui suinte, le G. fidèle au Petit Prince qui « a entendu dire qu’une rose pouvait mourir dans une larme. Depuis, il tremble chaque fois qu’il voit pleurer sa mère »…, toutes ces choses qui nous observent et nous regardent vivre.

Catherine Taurand est née à Tours en 1974. Elle vit aujourd’hui à Paris où elle exerce le métier d’avocat. Passionnée d’écriture, elle voue également une large part de son temps au piano et au théâtre.

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L’Alphabet des Choses suivi de Rue Saint-Sauveur – Babelio

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Tatiana Théron, Même pas mal

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Même pas mal est un roman autobiographique où le récit d’une histoire très singulière croise celui d’une quête et d’une construction. Sans s’imposer, sans faire de bruit, une histoire nous est offerte. Dans l’attente de celui qu’elle aime, la narratrice voit défiler sa vie. Les années s’emboîtent et l’encre coule au rythme du détail, du corps qui grandit, de l’odeur des lilas, des blessures béantes, de la magie des rencontres et toujours, de la furieuse envie de poursuivre. Poursuivre pour bâtir, sur des ruines, les fondations de la suite. La finesse de la description, la générosité du texte comme sa pudeur donnent l’occasion de se fondre dans la vie d’une jeune-femme dont les souvenirs, heureux comme tragiques, émettent forcément une résonance.

Tatiana Théron est née en 1978. Juriste de formation, professionnelle de l’édition, elle consacre une grande partie de sa vie à l’écriture. Elle publie trois romans aux Éditions du Retour.

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« Même pas mal », Tatiana Théron – YouTube

Même pas mal – Tatiana Théron – Babelio

50 idées de cadeaux de Noël pour femme – Page 5

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Tatiana Théron, Silhouettes en vitrine

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Automne. Dans la réserve de DCD, célèbre marque de prêt-à-porter, Sophie, mère divorcée, démarre son nouveau métier de vendeuse. Elle n’a pas vraiment eu le choix, pas plus que de devoir vivre avec le souvenir de Ben, le fantôme de son amour passé. La découverte de la vie en boutique est amère, autant que le début de cette nouvelle histoire avec Alex, abordé sur un site de rencontres.

Le désenchantement, Nathalie en est l’incarnation. Sa vie croise celle de Sophie, toujours en lutte pour trouver une solution, sa solution. Sur quatre saisons, l’héroïne se confronte ainsi aux silhouettes des possibles, de la mémoire, à celle des clientes, à travers une vitrine parisienne qui lui présentera des choix, mais aussi de nécessaires renonciations.

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Silhouettes en vitrine – Tatiana Théron – Babelio

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Tatiana Théron, Les Confettis de l’absurde

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Les liaisons les plus dangereuses sont celles qui nous attachent au-delà de la séparation à celui que l’on a eu le courage de quitter. Anne-Lise, professeure des écoles, se reconstruit doucement après sa rupture en s’occupant du mieux qu’elle peut de son fils Antoine. Malgré les problèmes déjà rencontrés avec le père de ce dernier, elle ne pouvait pas imaginer la violence abyssale d’une confrontation avec l’absurde. L’absurde de la vengeance, de la haine d’un individu, de l’humiliation et de l’intrigue, l’absurde aussi d’une société qui ferme les yeux sur l’injustice et, sous couvert de faire le bien et régner l’équité, oublie parfois de réfléchir, hurlant des commandements qui détruisent des parents et condamnent des enfants.

Ce roman, construit à partir d’histoires vraies, raconte le combat d’une jeune-femme, sournoisement détruite par le mensonge, la manipulation et la rancœur, odieusement remise en question dans son rôle de mère aimante, au beau milieu d’un système juridique si caricatural qu’il en devient lâche et inique, si soi-disant protecteur de l’enfant qu’il en devient son principal preneur d’otage.

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Les Confettis de l’absurde – Tatiana Théron – Babelio

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Marc Voisin, Pas de verbe suivi de Cri d’urgence

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Ce livre appelle une double lecture et comporte deux titres qui répondent à deux genres différents. Pas de verbe, roman dramatique et violent malgré sa douceur trompeuse : « Mon souvenir le plus ancien, dans mon lit, une grosse boule de rire brune au-dessus de moi… ma sœur sourire, ma sœur amour, ma sœur joie de vivre ». Cri d’urgence originellement lettre ouverte au Président de la République, restée quasiment lettre morte. Les témoignages, recueillis sur le net décrivent, souvent de façon poignante, les défis du vieillissement de la société française à travers le prisme de la souffrance et du handicap.

Marc Voisin, directeur d’hôpital et président de l’association nationale des Sœurs et Frères de personnes handicapées (ASFHA) se bat au sein d’associations depuis une douzaine d’années pour faire reconnaître la place de la fratrie vis-à-vis des pouvoirs publics. Vice-président des Papillons Blancs de Paris-APEI 75, il est chargé de la construction d’une institution pour personnes handicapées vieillissantes. A travers son action, il interpelle les décideurs sur le problème du vieillissement et de ses effets redoutables chez un public particulièrement fragile. Il témoigne, aussi, de la potentialité que renferme toute personnalité même très gravement handicapée, pariant sur l’intelligence et l’instinct de vie qui habite toute personne humaine.

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Pas de verbe, suivi de Cri d’urgence – Marc Voisin – Babelio

« Pas de verbe » de Marc Voisin

Handicap. Une place pour les frères et soeurs | L’Humanité

08.cp.préselectionHandi-Livres – handi_livres.pdf

Handicap : donner la parole à la fratrie

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